D'après les chercheurs de la NASA, un (petit?) refroidissement global pourrait bien limiter temporairement le réchauffement climatique actuel au cours des prochaines décénnies.


Rappel historique:

Du début du XIVe siècle au milieu du XIXe siècle, la Terre a été frappée par un phénomène météorologique peu commun : le petit âge glaciaire.

Cette période, qui toucha l'Europe et l'Amérique du Nord, fut marquée par un refroidissement important des hivers et par des étés plus courts.

Et plus particulièrement durant la période appelée « minimum de Maunder » approximativement située entre 1645 et 1715, durant laquelle le nombre de taches solaires était significativement plus faible qu'aujourd'hui.

Le « Petit Âge Glaciaire. » (1350-1850 apr. J.-C.), en abrégé PAG, a été caractérisé par la plus importante récurrence glaciaire des temps post-glaciaires, avec quatre maxima : vers 1350, 1640, 1820 et 1850. Il est maintenant admis que les débuts du PAG correspondent à la dégradation climatique du XIVe siècle et cette période, d'une durée de cinq siècles, prend fin vers 1850-1860.

Cependant, certains auteurs comme le glaciologue Louis Reynaud†, le font commencer au milieu du XVIe siècle, avec la crue glaciaire catastrophique qui commence vers 1550. Si l'on suit ce dernier, le refroidissement du XIVe siècle serait un « mini Petit Âge Glaciaire. » indépendant.

Le PAG, période climatique froide qui a touché l'ensemble du globe, se caractérise par des avancées successives des glaciers, auxquelles correspondent plusieurs minima de températures moyennes très nets (1 à 1,5°C de moins qu'aujourd'hui).

Le PAG succède à l'optimum climatique médiéval et se caractérise par des séries d'hivers froids et d'étés frais. Ce refroidissement général est probablement la conséquence d'une période de faible activité solaire, appelée minimum de Maunder.

Les études récentes des Laboratoires de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement de l'Université de Grenoble (LGGE) et de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (ETHZ) nous éclairent sur les causes de ces avancées glaciaires.

Elles suggèrent qu'elles seraient plutôt dues à une augmentation notable des précipitations, qu'à une baisse des températures.

Ainsi, les crues glaciaires seraient la conséquence d'une hausse de plus de 25% des chutes de neige, tout particulièrement durant la première partie du PAG.

Cette situation a généré des bilans de masse positifs et, en conséquence une importante progression des langues glaciaires.

Dans l'histoire des glaciers, le PAG revêt une importance exceptionnelle.

D'une part, étant la plus récente, elle est de très loin la mieux documentée. Mais c'est vraisemblablement la plus importante avancée des glaciers depuis le début des temps post-glaciaires.

                         Ci-dessous un graphique représentant la variation des taches solaires depuis 1610 à 2018

Ecart de la température moyenne (par rapport à la normale 1961-1990) dans la partie extra-tropicale de l'hémisphère nord sur les 20 derniers siècles:

Il se fait que la NASA observe actuellement une activité solaire particulièrement faible.

Le climatologue John L.Casey, ancien consultant pour la NASA, explique qu'un autre changement climatique est en cours avec vraisemblablement un refroidissement global non négligeable qui devrait avoir lieu au cours des prochaines décénnies.


En effet les conditions actuelles rappellent celles qui ont précédé l'ère du « minimum de Maunder », entre 1645 et 1715.

Rappel historique:

Le minimum de Maunder entre 1645 et 1715 n'est pas une illusion due au manque d'observations.


Au XVIIe siècle Giovanni Domenico Cassini mena à l'observatoire de Paris un programme systématique d'observation des taches solaires à l'aide des astronomes Jean Picard et Philippe de La Hire.

De façon indépendante, à Danzig, Johannes Hevelius observait également les taches solaires.


Cette époque correspond au cœur d'une période, appelée petit âge glaciaire, où le climat terrestre était assez froid, du moins en Europe, en Amérique du Nord et en Chine.

Le climat terrestre serait donc au moins en partie fonction de l'activité magnétique du Soleil.

A l'époque, en Angleterre, la Tamise s'était retrouvée gelée à plusieurs reprises, et on pouvait la traverser à pied.

Des foires y ont alors été organisées et la glace était si forte que les commerçants et les artistes pouvaient déployer leurs étals et installer leurs marchandises.


Mais un nouvel âge de glace est-il encore possible ?


Les chercheurs de l'agence américaine observent donc que l'activité solaire est à l'heure actuelle à son plus bas niveau depuis près d'un siècle.

Ces mêmes scientifiques assurent aussi avoir constaté que le Soleil se retrouvait dans des conditions assez similaires que lors de la période du minimum de Maunder.

Ainsi, s'ils affirment que 2014 a connu un  « maximum solaire », ils établissent à 20% la probabilité que les

températures évoluent vers « des modifications majeures ».

C'est le cas de Richard Harrison du Rutherford Appleton Laboratory , qui a assuré « n'avoir jamais rien vu de tel en trente ans ». 

Concrètement le nombre de taches solaires est en forte diminution depuis 2015 et les éruptions solaires sont de moins en moins importantes et de plus en plus rares.

Ce qui fait dire à Mike Lockwood de l'Université de Reading que « d'ici  20 ans, il y a une probabilité de 10 à 20% de connaitre un refroidissement global du à la faiblesse de l'activité solaire».

 Des scientifiques National Solar Observatory (NSO) et de US Air Force Research Laboratory et l'US Air Force Research Laboratory analysent le comportement récent du Soleil, et tout indique qu'une période d'activité solaire inhabituellement basse peut être sur le point de commencer.

Les chercheurs, dirigés par le professeur de mathématiques Valentina Zharkova à l'Université Northumbria, se sont appuyés sur des recherches antérieures qui prédisent les ondes magnétiques produites par le soleil.


Le modèle du cycle solaire du Soleil produit des prédictions sans précédent d'irrégularités au sein des battements cardiaques de 11 ans du Soleil.

Il utilise des effets de dynamo dans deux couches du Soleil, l'une proche de la surface et l'autre profonde dans sa zone de convection.

Les températures pourraient bien commencer à baisser vers 2021, selon le modèle mathématique de l'énergie magnétique du Soleil et l'étude indique d'ailleurs qu'entre 2020 et 2030, les cycles solaires s'annuleront les uns les autres.

Valentina Zharkova a pourtant tempéré son étude, expliquant que sa recherche mathématique ne peut pas être utilisée comme preuve qu'il y aura un mini-âge glaciaire cette fois-ci, notamment à cause du réchauffement climatique.

« Nous devons en être sortis d'ici là, afin de nous tenir prêts pour la prochaine grande activité solaire »

"J'espère que cet avertissement mondial sera annulé par cet effet, donnant à l'humanité et à la Terre 30 ans pour régler notre pollution", a-t-elle déclaré .

Le modèle prédit que la paire d'ondes deviendra de plus en plus décalée durant le cycle 25, qui culminera en 2022-2023 et qu'au cours du cycle 26, qui couvre la décennie 2030-2040, les deux vagues deviendront exactement désynchronisées, ce qui entraînera une réduction significative de l'activité solaire.

Des répercussions sur notre climat ?

Il est difficile d'y répondre pour le moment mais si une période d'activité solaire faible ou nulle est observée pendant une période prolongée, celle-ci pourrait conduire à un refroidissement des températures sur Terre.

Toutefois à l'heure actuelle le cycle 24 ne prend pas de telles dimensions même si les cycles ont tendance à se ''tasser'' de plus en plus depuis les années 1990.

De plus, en raison de l'importante hausse des températures sur la planète, il se pourrait bien que finalement, si refroidissement il doit y avoir, il ne serait que mineur ou bien peu durable.

En attendant, nous pourrions retrouver à partir des années 2019-2020, qui marqueront la fin du cycle 24, des saisons hivernales plus froides comme l'on en observe souvent entre la fin et le début d'un cycle solaire (hivers 2009-2010, 2010-2011 et 2012-2013 en Europe particulièrement froids et longs).

Récemment, l'Observatoire Dynamique du Soleil (SDO) a filmé 3 éruptions solaires qui se sont produites les 2 et 3 avril 2017. Ces observations nous montre bien que le stade de minimum solaire n'a pas encore été atteint.

Réaction:

D'autres climatologues se sont déjà penchés sur ces questions.

George Feulner, chercheur spécialisé dans le climat au Postdam Institute for Climate Impact Research, et ses collègues, ont conclu que la baisse de l'activité du Soleil ne conduira qu'à une baisse maximale de température de 0,3 °C, dans leurs travaux datant de 2010, rapporte le site internet Futura Sciences.

L'âge de glace prévu par certains scientifiques pourrait bien avoir lieu, si les prévisions d'augmentation des températures n'étaient pas aussi pessimistes.

Bien qu'il soit incontestable que des phénomènes naturels peuvent avoir une influence sur le climat - comme la variation des cycles solaires - rien n'est moins sûr : l'activité humaine cause bien plus de torts à la Terre que le Soleil.


Ci-dessous quelques graphiques représentant l'évolution du nombre de taches solaires et leur projection dans le temps:

Pour établir leur nouveau modèle, les chercheurs ont utilisé les données des observations du champ magnétique fournies par l'observatoire solaire Wilcox, en Californie.

Ils ont examiné les valeurs de l'activité du champ magnétique solaire pendant l'équivalent de trois cycles, couvrant la période de 1976 à 2008.

En parallèle, ils comparé leurs prédictions à la moyenne des taches solaires, un autre marqueur fort de l'activité solaire.

Résultat : les prédictions et les observations étaient finement corellées. « En combinant les deux ondes et en les comparant aux données réelles sur l'actuel cycle du soleil, nous avons établi que nos prévisions affichaient une précision de 97 % », a indiqué le Pr Zharkova.



Références:

https://www.collective-evolution.com/2015/11/05/nasa-says-antarctica-is-gaining-more-ice-than-its-losing-heres-why-its-confusing/.


https://www.nasa.gov/feature/goddard/nasa-study-mass-gains-of-antarctic-ice-sheet-greater-than-losses/


https://www.washingtonpost.com/blogs/capital-weather-gang/post/antarctic-sea-ice-reaches-greatest-extent-so-late-in-season-2nd-largest-extent-on-record/2012/09/28/472625d8-098e-11e2-a10c-fa5a255a9258_blog.html/


https://www.livescience.com/39720-antarctica-ice-record-highs-2013.html


https://www.sciencedaily.com/releases/2015/07/150709092955.htm


https://www.atlantico.fr/decryptage/terre-face-mini-age-glaciaire-nasa-detecte-activite-solaire-particulierement-faible-958054.html


https://www.metronews.fr/info/dans-15-ans-la-terre-pourrait-connaitre-une-mini-periode-glaciaire/mogl!uHF3vGEU0rbw/

Quelques réflexions scientifiques sur l'évolution du climat global: www.science-climat-energie.be


Ci-dessous les variations de températures  moyennes sur le globe (par rapport à la moyenne 1981-2010) qui ont vraisemblablement eu lieu au cours du "Minimum de Maunder".